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Mars/Avril 2011
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La Malaria et l'Histoire Humaine

 

Par Kathryn Hoffmann

En 2008, selon le Center for Disease Control (CDC) (2010), entre 190 et 311 millions de personnes dans le monde ont contracté la malaria, et entre 708 000 et un peu plus d’un million de ces cas sont décédés. En effet, les statistiques du CDC classent la malaria comme la cinquième cause de décès par maladie infectieuse dans le monde; la 2ème en Afrique.

Bien que la malaria soit à la fois évitable et soignable, le traitement médical est soit indisponible pour le patient soit trop coûteux. En outre, l'émergence de souches du parasite résistantes aux médicaments a limité l'utilité des traitements standards. Par conséquent, il est très important de développer et d'exploiter nos capacités à comprendre et contrôler sa propagation pour sauver des vies.

Qu’est-ce que la malaria? La plupart des gens savent qu’elle est transmise par la piqûre de certains moustiques et apporte avec elle de la fièvre et des refroidissements périodiques. De plus, nous savons qu’elle peut être évitée en prenant de la quinine avant l’infection. Enfin nous associons cette maladie avec les tropiques: des régions comme l’Amérique Centrale et l’Amérique du Sud, l’Afrique, l’Asie du Sud, ou la Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Alors que la malaria est actuellement le plus souvent limitée aux régions du globe avec un climat tropical ou subtropical, cela n’a pas toujours été le cas. Des données historiques nous informent qu’elle a eu une distribution mondiale très différente au cours des siècles précédents. Par exemple, il existe des références à la maladie trouvées dans un texte médical Ayurvédique datant d’avant 550 avant JC, ou de la Chine Ancienne, où les mentions écrites de la malaria existent pour des dates aussi anciennes que le 5ème siècle avant JC (Sallares, 2008). Certains historiens pensent maintenant que c’est probablement la malaria qui a tué Alexandre Le Grand en 323 avant JC, arrêtant ainsi son invasion de l’Inde (Sherman, 2007).

En fait, pendant des siècles, la malaria était endémique autour de la Méditerranée, à travers une grande partie de l’Europe et en Amérique du Nord. Les tests anticorps ont détecté la malaria dans des momies égyptiennes depuis environ 3200 ans avant JC et plus tard mais, selon Robert Sallares (2008, p.396), la région la plus affectée dans l’antiquité était la Grèce ancienne et Rome (800 avant JC- 500 après JC) ; en particulier Rome.

Malaria y la historia de la humanidad

Les historiens croient maintenant que l’Empire Romain, son développement, son expansion, et sa chute, auraient été étroitement liés à la malaria. Robert Sallares, un chercheur de l’université de Manchester (Institut of Science and Technology), affirme que Rome aurait été fondé sur ses célèbres sept collines dans le but d’éviter la malaria dans les basses terres favorables à la maladie. Néanmoins, puisque la plupart de la population ayant des liens avec la ville vivait dans les campagnes avoisinantes, il estime que la malaria eut autant d’impact sur l’économie et la population [de Rome] qu’elle n'en a aujourd’hui dans les régions tropicales d’Afrique. De plus, le mauvais état de santé chronique produit par la malaria a conduit beaucoup de Romains à vouloir migrer. Ceci, soutient Sallares, a déclenché et contribué au développement de Rome en un empire.

L’émigration des citoyens de Rome loin de leur terre pestilentielle aurait créée une pénurie de main-d’œuvre travaillant pour l’économie agricole de Rome, alimentant ainsi l’importation d’esclaves barbares. De plus, Irwin Sherman, dans son livre Twelves Diseases that Changed Our World (2007), rapporte qu’à plusieurs occasions, les épidémies de malaria ont protégé la Rome Antique de conquête par les envahisseurs barbares (comme Attila en 452 après JC). Même pendant le Moyen Age, après la chute de Rome, la malaria, connue comme « la fièvre des Romains » a contribué à repousser les armées invasives françaises et allemandes (Sallares 2003). En fait, c’était la malaria, et non la supériorité ou la compétence militaire qui ont empêché l’armée de Fréderic Barbarossa d’attaquer Rome au 12ème siècle (Sherman, 2007) !

La malaria en Europe n’était pas limitée à ses régions du sud, plus chaudes, même pendant la première moitié du 18ème siècle, bien que la zone faisait encore partie de ce que les scientifiques considèrent comme l'apogée du petit âge de glace (Reiter, 2000). Le site du CDC fait état que (Reiter, 2000) :

Malaria y la historia de la humanidad

"Il y a de nombreux cas de malaria dans tous les pays de l’Europe du Nord durant le 18ème siècle et au début du 19ème siècle. La profusion d'archives de cette période confirme que la maladie était commune en de nombreux sites de la côte en Angleterre et dans certaines partie de l’Ecosse, avec une transmission occasionnelle allant au Nord jusqu'à Inverness…Ainsi, il y a eu une transmission endémique dans le sud de la Suède et la Finlande, avec des épidémies dévastatrices occasionnelles qui se sont étendues jusqu'à la partie la plus au Nord du golfe de Botnie, près du cercle polaire Arctique."

Même le 17ème siècle beaucoup plus froid n’a pas non plus été exempt de cette maladie. « Les descriptions des habitants de marais [de paroisses côtières de l’Angleterre au 17ème siècle] ressemblent à celles de populations de régions où la malaria est endémique dans les tropiques et aujourd’hui. » (CDC, Geographic Distribution : The Marsh Parishes). Les conséquences sur la population locale se reflètent clairement sur son taux de mortalité : les taux moyens bruts d’inhumation dans les paroisses du Kent et de l'Essex ont été deux à trois fois plus élevés dans les zones marécageuses que dans les zones non marécageuses pendant la période 1551-1750.

A l'heure actuelle, alors que notre planète se réchauffe, il est crucial de comprendre l’histoire et la nature de la malaria et de mobiliser les forces nécessaires pour la repousser. La malaria est tueuse et ne doit pas être sous-estimée. La malaria a affecté de façon récurrente et même changé le cours de l’histoire et elle continue d’être un acteur majeur sur la scène de la santé mondiale.

Références

Centers for Disease Control and Prevention (2010, February 8). About malaria: Fast facts. Retrieved from   CDC.gov

Centers for Disease Control and Prevention. (2011). [Map of international distribution of malaria with country-specific data]. CDC Malaria Map Application. Retrieved from   CDC.gov

Reiter, P. (2000). From Shakespeare to Defoe: Malaria in England in the Little Ice Age. Emerging Infectious Diseases, 6(1). Retrieved from the Centers for Disease Control and Prevention Web site:   CDC.gov

Sallares, R. (Interviewee). (2003, January 29). Malaria and Rome [Interview transcript]. Retrieved from Radio National Web site:  ABC.net

Sallares, R. (2008). Malaria in the ancient world. In J.P. Byrne (Ed.), Encyclopedia of Pestilence, Pandemics, and Plagues (Vol. 1, pp. 395-398). Westport, CT: Greenwood Press. Retrieved from   Books.Google.com

Sherman, I.W. (2007). Twelve Diseases that Changed Our World. Washington, D.C.: ASM Press.

 

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Prévision et prévention des maladies à transmission vectorielles

Par Marlei Zeminsky

La malaria, la dengue, et le Virus du Nil occidental sont des maladies mortelles à transmission vectorielle (celles qui sont transmises par les moustiques) qui tuent des milliers de gens par jour. Chacune d’elles est transmise par des insectes, dont la population est directement affectée par notre climat. Heureusement, la distribution spatiale de ces maladies peut être prévue et anticipée en analysant les données climatiques.

Malaria

Les futures éruptions de maladie peuvent aussi être empêchées en identifiant les zones à haut risque et en mettant en œuvre des mesures de prévention comme l’utilisation d’insecticides et la distribution de moustiquaires.

Certaines conditions climatiques sont propices à l’éclosion de la maladie. La malaria, qui est transmise par des moustiques, tue plus d’un million de personnes par an. Presque la moitié de la population mondiale vit dans des régions à haut risque pour la malaria. Alors que la menace de malaria est quasi-mondiale, le continent contribuant le moins au réchauffement global tout en subissant les pires effets négatifs du climat, l’Afrique, représente la majorité des cas de maladie dans le monde. Des études comparant les cas de malaria enregistrés en augmentation au climat montrent que l'augmentation des précipitations et des températures est directement associée avec la transmission de la maladie (Parham & Edwin, May 2010). L’augmentation des précipitations et des températures est liée aux tendances actuelles du changement climatique. Les études de Parham & Edwin supportent expressément l’association du changement climatique et des maladies transmises par les insectes.

Malaria

Bien que la malaria provoque le plus grand nombre de décès, d’autres maladies à transmission vectorielle sont plus susceptibles de se faire ressentir aux Etats Unis. Est-ce que l’attention à ces menaces croissantes et au changement climatique en général se produit seulement quand elles se font ressentir à notre porte ? La variabilité du climat et les distributions des insectes vecteurs de maladie, en réponse aux changements climatiques, sont difficiles à documenter avec précision à cause de l’absence relative de données environnementales historiques. La surveillance du climat et des maladies à transmission vectorielle à partir des nouveaux systèmes de surveillance de haute technologie ont une certaine utilité, mais les données doivent être collectées pendant des périodes prolongées avant que les tendances puissent être identifiées.

Mosquiteros

Beaucoup de systèmes de haute technologie, incluant les données de télédétection par satellite, ne fournissent pas d'enregistrements à long terme qui puissent suffisamment détailler les tendances de variables atmosphériques. Par exemple, le NOAA Advanced Very high Resolution Radiometer (AVHRR), crédité de nombreuses applications sur les transmissions vectorielles, fournit des données commençant seulement au début des années 1980. Sauvegarder et digitaliser des données qui ont été collectées avant AVHRR permettraient d’accélérer le progrès à long terme dans la prévention des maladies à transmission vectorielle (Mills, Gage, & Khan, 2010). En outre, le suivi des tendances par l’utilisation des données historiques est une méthode plus rentable de collecte des données. L’objectif d’IEDRO est de collecter et digitaliser les données environnementales historiques qui peuvent être utilisées dans des applications pour sauver des vies.

Références:

Mills, J. M., Gage, K. L., & Khan, A. S. (2010). Potential Influence of Climate Change on Vector-Borne and Zoonotic Diseases: A Review and Proposed Research Plan. Environmental Health Perspectives , 118 (11), 1507-1517.

Parham, P. E., & Edwin, M. (May 2010). Modeling the Effects of Weather and Climate Change on Malaria Transmission. Environmental Health Perspectives , 620-626.

IEDRO News

IEDRO ouvre une boutique Amazon

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IEDRO conclut un accord avec la Bolivie sur la sauvegarde de données

Dr. Sharon LeDuc, directrice adjointe retraitée du National Climatic Data Center (NCDC) de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) a visité le service météorologique national de Bolivie le 18 février 2011 pour le compte d'IEDRO. Dr. LeDuc a donné une présentation soulignant l'importance d'utiliser des données météorologiques historiques pour réduire les décès et les blessures dus à des événements naturels environnementaux extrêmes.Peu de temps après sa visite, la Société .

Météorologique Bolivienne (Bolivian Meteorological Society) a annoncé qu'elle enverrait à IEDRO un protocole d'accord signé. Ce protocole instaurait les rôles et responsabilités respectifs de la Société et d'IEDRO concernant le travail de sauvegarde des données. Un point crucial est que l'accord autorisera IEDRO à transmettre les données climatiques de Bolivie à la NOAA, pour qu'elles soient utilisées par des scientifiques du monde entier.

Flood

Les efforts de sauvegarde de données climatiques sont d'importance vitale pour des pays en voie de développement, tels que la Bolivie. En 2007, une grave inondation a tué des douzaines de personnes et a touché 72 000 familles, forçant le président Evo Morales à déclarer l'état d'urgence. L'année dernière, des fortes pluies et des inondations ont menacé les sources de revenus de 24 000 familles, détruisant les maisons et les récoltes, et tuant le bétail.

Flood

Sauvegarder les données climatiques aide les scientifiques à développer des modèles climatiques plus précis qui permettront aux gouvernements de mieux se préparer pour des conditions de temps extrêmes, et d'éviter toute dévastation inutile et la perte de vies humaines.

Sharon LeDuc

Dr. Sharon LeDuc, qui a quitté le poste de directrice-adjointe du NCDC de la NOAA en novembre 2010, a reçu des compliments très élogieux pour son travail environnemental tout au long de sa carrière brillante, incluant deux médailles d'or du Département du Commerce, et une récompense d'administratrice de la NOAA. IEDRO est fier qu'elle ait rejoint notre équipe.

S'il vous plaît cliquer sur le lien ci-dessous pour voir une liste du personnel et les collaborateurs de ce numéro.

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